Les mots du médecins me revinrent en mémoire « Mademoiselle, j'ai le plaisir de vous annoncer que vous étés enceinte. De 6 semaines »
Devant lui, je n'avais rien dit, évidemment, mais seule à la maison je m'étais effondrée. Cependant, malgré ma tristesse, une question me triturait les neurones : Comment pouvais-je être enceinte de 6 semaines, alors que personne ne m'avait touché depuis 2 ans ?
Deux ans. Une éternité.
J'eu un sourire amer en songeant au mot « éternité ». Moi qui n'avais pu accéder à la nuit Eternelle, qui ne m'étais pas endormi avec, pour dernière sensation, le poison de celui que j'aimais dans les veines, j'avais l'impressions d'avoir devant moi un temps infini, temps qui prenait un malin plaisir à passer le plus lentement possible.
Je fus tirée de mes réflexions par la sonnerie du téléphone. Je me traînais mollement jusqu'à l'appareil, frissonnant au contact du parquet froid sur mes pieds nus.
Mais, avant que j'aie pu me saisir du téléphone, le répondeur c'était déjà déclanché.
« Bonjour ma chérie ! J'imagine que tu as sorti. Bon ... Eh bien, je te rappellerais plus tard ! Je t'embrasse ! »
Je soupirais et ne rappelais pas ma mère, préférant la laisser penser que je cultivais une vie mondaine palpitante. Ce qui était loin d'être le cas. Je me laissai tomber dans le canapé tout en attrapant dans un effort surhumain le paquet d'ourson en chocolat déjà bien entamé. Mes neurones se remirent en action.
Qu'allais-je faire ? Je ne me voyais guère subvenir aux besoins d'un enfant. Et puis, j'étais complètement seule, ici. Certes ma vie New Yorkaise me plaisait beaucoup mais mis à part mes quelques camarades de fac, je n'avais lié aucune amitié solides. Ce qui, venant de moi n'étais pas franchement étonnant !
Minuit sonnèrent. Je n'avais pas encore pris de descition concernant la petite chose naissante qui avait élu domicile, Dieu sait comment dans mon ventre mais la fatigue gagnant, je finis par sombrer.
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